SAVA

Carte DIANA

 


La région SAVA se situe dans le nord-est de Madagascar, s’étendant sur une superficie de 23.577 km² soit environ 3,9 % du territoire national et 54, 8% % de la province de Diego. La région est limitée à l’Est par l’Océan Indien, au Nord par la sous-préfecture de Diego II, à l’Ouest par les sous-préfectures d’Ambilobe et de Bealalana (Région SOFIA) et au Sud par les confins de la Province Autonome de Tamatave et de la baie d’Antongil.

La région regroupe 4 districts de Sambava, Antalaha, Vohémar et Andapa.

L'originalité de la SAVA ne vient pas seulement de son climat subéquatorial qui lui permet de concentrer plus de 70% de la forêt primaire de la grande l'île, véritable poumon vert ( la verdoyante région SAVA dispose des joyaux que sont le Parc National du Marojejy, la Réserve d'Anjanaharibe Sud, le Parc national de Masoala et de très nombreux sites touristiques de première importance principalement liés aux activités agricoles) mais également de son "statut" mondialement connu comme étant le capitale de la vanille ( assurant 2/3 de la production mondiale) en plus de la culture des noix de coco ou des épices.

La population de la région SAVA, moyennement homogène, est estimée à 1 009 000 habitants, cette population est inégalement répartie dans les quatre Districts dont 32 % à Sambava, 29% à Antalaha, 23 % à Vohémar et 16% à Andapa. Sambava, située au centre des trois autres districts, est la capitale régionale, tandis que Antalaha est située au sud, Andapa plutôt à l'ouest, seule à se retrouver à l'intérieur des terres, et Vohémar au nord. Les villes d'Antalaha, de Sambava et de Vohémar sont toutes au bord de la mer, cote à cote devant l'Océan Indien.

• Sambava

Au carrefour des routes de la SAVA, Sambava, qui signifie « là où les rivières se jettent dans la mer après s’être rencontrées », est la principale ville de la région SAVA. Nichée à l'embouchure de trois rivières, ce qui serait à l'origine du mot “Sahambavany”, Sambava est aussi au carrefour des routes de la SAVA au cœur même du “Triangle Vert” formé par Vohémar au Nord (à 150 km), Antalaha au Sud (à 80 km), et Andapa à l'Ouest (à 110 km). C’est ainsi qu’elle fut baptisée « route de la vanille ».

Constituée d’une population cosmopolite, les différentes communautés cohabitent de manière harmonieuse et conviviale ce qui a donné un mélange de dialecte entre le Betsimisaraka, le Sakalava, le Tsimihety, le tout agrémenté de termes français mêlés au malgache et/ou dialectes.

Vivant principalement de l’agriculture, de la culture de rente (vanille, girofle, caféier) mais aussi de l’artisanat, Sambava présente un sol des plus fertiles où plantes tropicales mais aussi une variété de fruits y pousse toute l’année surtout entre novembre et février. Pour faciliter les échanges, la ville de Sambava est dotée d’un aéroport national desservi par la compagnie aérienne Air Madagascar.

La vanille et le multiculturalisme sont plus que jamais présents lors du « Festvanille-Satragna » qui est le Festival de la Vanille célébrée régulièrement à Sambava. C’est durant ces festivités que les potentialités touristiques de la Région sont mises en avant avec des séances de dégustations, spectacles et exposition de produit artisanaux et industriels dérivés bien évidemment de la vanille. L’organisation de ce festival fait partie de la politique de la promotion de la filière.

Outre les vastes étendues de plantations de vanille et de café, Sambava présente également une autre spécialité : la production de noix de coco. En témoigne la cocoteraie de Soavoanio s’étendant sur plus de 4 800 ha entourant la ville est considérée comme l’une des cocoteraies les plus grandes au monde.

• Antalaha

Difficile pour les piroguiers de passer la barrière de récifs sans implorer (mitalaho) l'aide des dieux, de là est venu le nom “Antalaha” que s'est donné cet ancien village de pêcheurs devenu une ville attrayante avec notamment ses constructions de boutres et sa taillerie de pierres semi-précieuses.

Deuxième ville de la région SAVA, Antalaha se trouve dans la région nord-est de Madagascar. A partir de son aéroport, Antsirabato, situé à 12 km de centre-ville, la commune urbaine d’Antalaha se localise géographiquement à l’est par l’océan Indien, au nord par le district de Sambava, à l’ouest par les deux districts : celui d’Andapa qui couvre la moitié nord-ouest d’Antalaha et celui de Maroantsetra qui se trouve sur la partie au sud par la baie d’Antongil. Antalaha a une superficie de 7 085 km2 et est peuplé par 243 108 âmes. Cette population est essentiellement composé de Betsimisaraka, l’ethnie de la côte Nord-Est de Madagascar, suivie des Tsimihety (ethnie qui peuple le centre Nord de Madagascar) et des Antaimoro (ethnie qui vient du Sud-Est de Madagascar).

Au cœur des senteurs enivrantes de la vanille, Antalaha est surtout connue pour être la capitale mondiale de la vanille. Cette orchidée, dont la culture a été introduite à Antalaha en 1905, a fait de cette région le plus important centre de production de vanille de Madagascar représentant les deux tiers de la production mondiale, d’où le surnom de "la capitale mondiale de la vanille".

Mais Antalaha c’est aussi une immersion dans la nature et la porte d’entrée vers le Parc National de Masoala, constitué d’un parc terrestre de 230 000 hectares et de trois parcs marins qui ont pour noms Tampolo, Ambodilaitry et Ifaho , véritable sanctuaire. Aussi, Antalaha offre une piste de 40 km menant à travers la forêt primaire jusqu'à Cap Est, une destination de toute beauté. On y trouve de tout, barrière corallienne, mangrove, forêt tropicale pour les aventuriers et bien entendu des plages pour les adeptes de soleil et de farniente. Elle sert de base de départ vers Maroantsetra à travers le parc National de la presqu'île de Masoala.

En outre, Antalaha possède de nombreux fleuves dont le principal est celui d’Ambinany (appelé Mananarabé) qui, en s’orientant vers l’ouest et à l’intérieur des terres.

• Vohémar

Vohémar, également appelé Iharana, vient de Vohitra Maro qui signifie “là où il y a beaucoup de village”. Ancienne cité islamique, elle fut fondée par différentes vagues successives d’immigrants arabes, faisant le lien entre l’Afrique et l’Asie.

Pour atteindre la ville de Vohémar, il faut emprunter la RN6 qui mène vers Antsiranana avant de prendre la bifurcation au niveau d'Ambilobe. Pour les moins aventureux et les impatients, la ligne aérienne qui relie la ville aux grandes villes de l'île est la solution idéale. Vohémar est une charmante ville qui compte environ 15.000 habitants. Elle est verdoyante avec ses cocotiers de bord de mer qui dominent majestueusement les plages et les promenades et est également dotée d’une baie qui est protégée par un relief de corail.

Peu connu, le lac d'Andranotsara, surnommé le lac Vert, se trouve à quelques kilomètres au sud de la ville. Mythes, légendes et tabous entourent ce point d'eau, faisant partie des incontournables d'Iharana. A certaines périodes de l'année, la population locale pratique une cérémonie pour apaiser les ancêtres autours du lac. Au cours de la cérémonie, un bœuf est sacrifié. Il faut notamment noter qu'à l'instar d'un grand nombre de lacs de la Grande Ile, il est strictement interdit d'apporter du porc. D'autres tabous s'appliquent à l'endroit et il est nécessaire de se renseigner auprès de la population locale. Vohémar abrite une des aires protégées de la région : Darainy à son extrême nord.

La zone de Vohémar se démarque des autres endroits de la région SAVA par sa végétation moins dense. En raison de son climat et de la nature de son sol, Vohémar se situe au dernier rang des quatre districts en production de vanille. Mais il se distingue par ses importantes richesses minières. Grace aux pierres précieuses et semi-précieuses, une de ses communes urbaines, Ampanefena, située à mi-chemin entre Sambava et Vohémar connait un développement si accéléré qu'elle est en passe d'être reclassée en district. Elle tire également sa richesse de la vente de zébus.

De plus le port de Vohémar assure le trafic maritime des marchandises d'import-export, étant le plus grand port fluvial de la région SAVA et le seul de la région apte à accueillir les bateaux long-courrier. C'est l'unique voie maritime de sortie des denrées d'exportation de la région, notamment de la vanille.

• Andapa

Le nom d'Andapa qui signifie "au palais" ou "au poste de commandement" là où le roi Radama Ier a construit un camp lors de ses expéditions sur les côtes de l’Île. Andapa est blottie dans une cuvette fertile que surplombent les massifs de Marojejy et d'Anjanaharibe, et qui est le véritable grenier de riz de toute la SAVA avec ses quelques 13.000 hectares de rizières. En effet, contrairement aux autres districts, la culture du riz qui est la nourriture de base des malgaches n'est pas seulement une activité vivrière à Andapa mais constitue une véritable activité professionnelle sources de revenus au même titre que la vanille. En cas d'insuffisance de production dans les autres zones de la région, c'est Andapa qui comble le manque en assurant un approvisionnement permanent. La colline d'Anjiabe est le meilleur belvédère pour embrasser du regard l'agencement et l'étendue des parcelles rizicoles. Mais il n'en est pas moins un grand producteur de vanille aussi.

Andapa dispose une superficie totale de 4 444 km²1 pour 147 772 habitants. La zone se singularise aussi par son climat plus frais, à cause de sa situation géographique en altitude plus élevée. Ceci explique aussi que généralement sa saison de production de vanille et de fruits, surtout les letchis, accuse un retard de quelques semaines en général par rapport aux autres zones de la région.

Une belle route de montagne de 110 km relie Andapa à Sambava à travers les forêts de Marojejy et le tracé de la rivière Lokoho. La réserve spéciale d'Anjanaharibe se trouve à 40 km au Sud-Ouest d'Andapa sur la route de Bealanana. Elle est la limite géographique septentrionale de l'Indri qui est le plus grand lémurien de l'île, et abrite des espèces propres au Nord Est comme l'Eurycère de Prevost ou "Siketribe", emblème de Marojejy, ainsi le Propithèque Soyeux ou “Simpona”. C'est aussi dans cette région qu'a été redécouvert en 1994 le Takhtajania Perrieri, une plante à fleurs qui existait déjà il y a 120 millions d'années. Marojejy la “Sacrée Montagne” a été qualifié par le Professeur Humbert du Muséum de Paris de plus majestueux des massifs de Madagascar. Situé entre Sambava et Andapa, ce Parc National est le gardien d'un écosystème montagnard qui a su rester intact. La couverture végétale de Marojejy consiste en une superposition de 5 types de forêts.